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PRÉSENTATION
Qu’est-ce qui rapproche Isla Isabel au Mexique, le château d’eau de Ploubalay en Bretagne et la ferme pédagogique du Grand Parc Miribel-Jonage près de Lyon ? La passion de jeunes architectes grenoblois férus d’écoaménagement.
Ici en musée, là en mur d’escalade : la reconversion de châteaux d’eau est dans l’air du temps. Celui de Ploubalay surplombe la campagne environnante du haut de ses 56 mètres, offrant une vue imprenable sur le littoral, de Saint-Malo au cap Fréhel. L’idée de le transformer en espace à sensations a fait son chemin, jusqu’à la communauté de communes de la Côte d’Émeraude, qui a vite perçu l’intérêt d’une telle réhabilitation au profit de la dynamisation du tourisme local. Un concours européen est lancé au printemps 2007. Il est remporté par Espace Gaïa Architectures, associé à l’Annecien Igor Lecomte, spécialiste des plates-formes de saut à l’élastique comme la Shanghai Tower. “Nous avons tiré parti des importantes contraintes techniques et sécuritaires du site, en raison notamment du maintien de la fonction de réservoir”, expliquent Stéphane Marteau et Guillaume Daydé, cogérants d’Espace Gaïa. À l’instar de l’escalier extérieur, par exemple, qui s’enroule autour du fût jusqu’à la plate-forme suspendue : “On en a fait une activité en soi. Léger, aérien et tout en transparence, il donne l’impression de monter dans le vide. Vertige garanti !” Deux activités ont été retenues : le saut à l’élastique et le swing, une balançoire géante de 54 mètres de rayon. Un ascenseur permet aux moins audacieux de se rendre au sommet pour profiter de la vue et de l’espace de restauration. Au pied de l’édifice, un espace de 170 m2 est prévu pour l’accueil des publics. Réalisé en écoconstruction, équipé d’une double peau ventilée et d’un toit végétalisé, le projet, baptisé Gwelv’armor, témoigne de l’attachement d’Espace Gaïa aux techniques de construction, structures et matériaux respectueux de l’environnement et de la santé. Huit bureaux d’études, dont les économistes de la construction grenoblois d’IDE de Projet, ont été sollicités pour ce projet de l’ordre de 2 millions d’euros, qui devrait voir le jour au printemps 2009.
Des projets éco-innovants Forgée dans les pays en voie de développement, la vocation d’Espace Gaïa s’exprime dans l’élaboration de projets touristiques éco-innovants, en France ou à l’étranger, du simple gîte au grand projet d’aménagement. Les architectes viennent ainsi de gagner la réhabilitation de la ferme des Allivoz, dans le Grand Parc Miribel-Jonage, à Vaulx-en-Velin, avec une mise en scène pédagogique du cycle de l’eau. L’ONF leur confie la valorisation des ruines d’une ancienne chartreuse, sur le site classé de Prémol, à Vaulnaveys. À Chamonix, ils collaborent à l’élaboration d’un référentiel HQE dans l’hôtellerie. Si le volet touristique représente aujourd’hui la moitié de l’activité (CA 2007 : 280 k€) de ce jeune cabinet, créé en 2003 et formé de quatre collaborateurs permanents, “l’objectif est d’atteindre 80 %, le reste de notre activité étant principalement consacré à la maison individuelle”. De ce côté aussi, les projets ne manquent pas. Mais c’est une autre histoire…
Propos recueillis par A. Quantin-Pottecher .......................................... PRESENCES Mai 2008 N°200 ..........................................
Photo ci-contre : “Nous avons tiré parti des importantes contraintes techniques et sécuritaires du site”, expliquent Guillaume Daydé et Stéphane Marteau, devant la maquette du projet Gwelv’armor.
photo © G. Brunet - Présences
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